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La migration TNT en Afrique vue par Eutelsat

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L’opérateur satellite français Eutelsat a publié Lundi un petit rapport sur la migration TNT en Afrique, une prise de parole tombant plutôt à pic tant il était utile en marge de la Journée mondiale de la TV célébrée Mardi d’effectuer une piqûre de rappel en ce qui concerne la migration TNT qui patine quasiment partout en Afrique.

Seulement six pays à date

En guise d’état des lieux, Eutelsat commence par rappeler que seulement 6 pays en Afrique sont complètement (au moins 80% de couverture du territoire) passés de l’analogique au numérique. Quelques autres ont initié le processus depuis plusieurs années et se situent à divers niveaux de leur roadmap. C’est le cas de l’Algérie, de la Guinée Equatoriale, du Gabon, du Ghana, du Kenya, du Nigéria, du Rwanda, de l’Afrique du Sud ou encore du Zimbabwé relève Eutelsat. On pourrait compléter cette liste avec la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cap Vert, le Sénégal, le Mali, la RD Congo, la Zambie, le Cameroun, etc. Ces pays, et ceux qui sont encore à l’étape de la réflexion et de l’organisation institutionnelle ont nombre de challenges à surmonter, dont celui de la non constitution d’un territoire à deux vitesses en termes de couverture, avec de nombreuses zones blanches, notamment rurales.

Limiter la constitution de zones blanches

L’opérateur satellite indique en effet que les pays dont les territoires très étendus, comptant des régions montagneuses ou des îles, doivent en particulier piloter leur migration TNT de sorte à ne pas concentrer le déploiement exclusivement dans les régions densément peuplées, excluant de fait les foyers TV des régions à la géographie plus accidentée ou faiblement peuplées. Pour ces zones, souvent rurales et considérées comme peu rentables, Eutelsat recommande le recours au satellite pour suppléer la couverture en émetteurs (assurant la terminaison de l’acheminement du signal vers les foyers).

Outre cette difficulté, d’ordre technique et opérationnel, il y a également la question du financement. Sur le sujet, chaque pays essaie ses propres solutions. Mais il est une tendance observable suivant laquelle nombre de gouvernements accordent des concessions de plus ou moins longue durée à des opérateurs qui ont, selon les cas, la charge de fournir tout ou partie des éléments suivants : l’infrastructure de multiplexage, l’acheminement du signal, les émetteurs, les décodeurs, etc. et même la numérisation du groupe audiovisuel public. En cette matière, le chinois StarTimes semble être celui qui propose aux Etats africains les packages les plus étendus, même si les durées contractuelles qu’il conclut avec les Etats peuvent parfois interpeller. Il est notamment aux manettes en Zambie où sa joint-venture TopStar (40% pour le diffuseur public ZNBC) détient un contrat de 25 ans, et est cité dans divers pays comme la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Cap Vert, etc. Le Nigéria a pour sa part fait appel à l’appui technique du britannique Inview (entre autres), quand le Sénégal a opté pour un opérateur local, Excaf, qui connaît maintes péripéties certes. Au Burkina, c’est un opérateur public, la SBT (Société Burkinabé de Télédiffusion) qui pilote l’ensemble des opérations. Cette dernière a d’ailleurs conclu un contrat de capacité avec Eutelsat pour distribuer le signal vers les émetteurs terrestres.

Bande C ou Ku

Sur la question de la distribution du signal, Eutelsat indique dans son rapport qu’un choix est à faire entre la bande C et la bande Ku. La première est conseillée pour un acheminement à destination des émetteurs terrestres. La bande Ku est quant à elle conseillée pour compléter en DTH (Direct To Home) le réseau terrestre. Les deux sont ainsi à combiner. Eutelsat note toutefois que l’une ou l’autre des deux solutions peut alternativement être utilisée, comme c’est le cas au Zimbabwé, pays qui a opté pour la bande Ku exclusivement pour acheminer son signal TNT tant vers les émetteurs terrestres que vers les foyers DTH (équipés de parabole permettant une réception directe du signal au départ du satellite).

Cela a déjà été dit et écrit, sur Happens Africa. Le chemin vers une migration complète vers la TNT en Afrique est encore long. Des progrès sont faits et se poursuivront certainement, ce qui fait faire à Eutelsat une projection de 75 millions de foyers atteints dans la région en 2021.

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