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Internet en Afrique, sujet aux humeurs politiques et très peu inclusif

Internet est aujourd’hui un outil d’innovation, de création de richesse, de partage, de divertissement, d’apprentissage, … en un mot une ressource vitale pour l’économie et la vie sociale. Cela est particulièrement vrai en Afrique où internet est parfois et tout simplement le principal canal pour s’informer et rester en contact avec ses proches, la seule alternative pour nombre d’entrepreneurs pour franchir la phase d’idéation et passer à celle de matérialisation, création, production. Cela a d’ailleurs été rappelé lors la première édition des Adicomdays à Paris ce 02 Mars en référence à la situation qui continue de prévaloir dans les régions ouest du Cameroun et pour laquelle a été initié le hastag #BringBackOurInternet.

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En effet, en Afrique, la disponibilité d’Internet et de certaines plateformes OTT reste très tributaire du bon vouloir de tel ou tel politique. En Octobre 2016, Brookings Institution a évalué à 689 millions de dollars l’impact financier sur 12 mois (Juillet 2015 – Juin 2016) des coupures de l’accès à internet, pratiques particulièrement relevées dans 7 pays africains tant subsahariens que maghrébins (Maroc, Algérie, Congo, Ouganda, Ethiopie, Tchad, Lybie).

Mais non suffisant qu’en Afrique internet est soumis aux humeurs des politiques, il n’est pas assez inclusif selon les statistiques communiquées il y a peu par le pôle intelligence de The Economist (The Economist Intelligence Unit) et internet.org (Facebook). Selon leur étude, les pays africains présentent les scores les plus faibles de l’Inclusive Internet Index calculé pour un total de 75 pays à l’échelle mondiale. Selon les auteurs, cet indice mesure la disponibilité du service, son coût, la pertinence des contenus (la part des contenus locaux notamment) auxquels il donne accès ainsi que l’aptitude (les connaissances suffisantes) et la confiance pour l’utiliser.

The Economist - inclusive internet index 405x379

Il ne suffit donc pas que internet soit disponible (quand il l’est, et que l’électricité l’est aussi), mais il faut en plus qu’il puisse être accessible au plus grand nombre. Et la notion d’accessibilité dans le cadre de cette étude va plus loin que le seul niveau de revenu permettant d’accéder au service. Elle se réfère aussi aux connaissances suffisantes pour pouvoir effectivement utiliser internet. Cela peut paraître trivial, mais il s’agit bien d’un aspect essentiel de l’accessibilité au service, de son usage effectif. Là encore, c’est une pierre jetée dans le jardin des politiques, comme le note justement l’étude de The Economist, car ce sont eux qui définissent et mettent en oeuvre les politiques nationales d’éducation et d’instruction.

Dans le détail des chiffres, c’est l’Afrique du sud qui obtient le meilleur ranking (27ème) avec un indice à 71 et se situe dans le deuxième tiers à l’instar du Maroc (65,6), de l’Egypte (64,3), du Nigéria (59,4) et du Ghana (56,1). Les 20 autres pays africains rankés se positionnent tous dans le dernier tiers, la RD Congo étant classée 75ème avec un indice à 24,1.

Lorsqu’on scrute plus particulièrement le critère du coût, les pays africains obtiennent de meilleurs classements, le mieux ranké sur ce critère étant le Nigéria (12ème) avec un indice à 90,2. L’Afrique du sud est 18ème. En queue de peloton, on retrouve à nouveau la RD Congo avec un indice à 22,7.

Sur le critère de la pertinence, c’est le Kenya (31ème) qui est le mieux classé en Afrique et le Mali (75ème) le moins bien classé, avec la RD Congo se positionnant en milieu de tableau (46ème). En ce qui concerne l’aptitude à utiliser internet, c’est le Niger qui arrive en queue de peloton avec un indice à 17,8.

En somme, il y a encore du chemin à faire, et cela peut aller très vite. Les initiatives se multiplient déjà pour améliorer la qualité (haut débit fixe et mobile) d’internet en Afrique ainsi que la couverture. En ce qui concerne « l’illettrisme » informatique, il se résorbe aussi, certes très lentement, mais il se résorbe tout de même, notamment chez les populations les plus jeunes.

Détails

 

Crédit photo : BusinessTech

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