SVOD en Afrique : Afrostream entre dans la danse

Il y a quelques mois, la plateforme SVOD Afrostream annonçait vouloir accélérer en Afrique où elle est déjà présente (Côte d’Ivoire et Sénégal). C’est chose faite depuis ce 02 Novembre où elle se rend simultanément disponible dans une vingtaine de nouveaux territoires : Benin, Burkina Faso, Burundi, Cap Vert, Cameroon, Centrafrique, Tchad, Comores, Congo, RD Congo, Djibouti, Guinée Equatoriale, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Madagascar, Mali, Mauritanie, Maurice, Niger, Togo. C’est un cap majeur franchi par la start-up nantaise qui détenait déjà les droits pour ces territoires en ce qui concerne 95% de son catalogue. Mais jusqu’à récemment elle n’adressait que la diaspora africaine de quelques pays européens (France, Belgique, Suisse, Luxembourg).

Sur ses nouveaux marchés, Afrostream espère pourvoir collaborer avec les opérateurs télécoms afin de proposer à ses abonnés des formules data accessibles (en termes de coûts) pour une expérience de consommation convenable de ses contenus. Sur cette question, elle pourra de toute façon compter sur Orange, l’un de ses investisseurs, qui exploite plusieurs filiales en Afrique. En ce qui concerne la tarification, le service est accessible à partir de 500 FCFA (0,75 euro) pour un jour ou 1 000 FCFA (1,5 euro) pour une semaine. Un abonnement mensuel est également possible. Pour payer, les abonnés pourront utiliser leur carte de crédit international. Dans les prochaines semaines, la plateforme mettra aussi en place des possibilités de paiement via divers services de mobile money dont bien évidemment Orange Money. Des personnes en Europe pourront également acheter le service pour leurs familles/amis en Afrique.

Outre les territoires francophones qu’elle vient de pénétrer, la plateforme Afrostream vise également les marchés africains anglophones qu’elle espère pouvoir intégrer à son scope dans quelques mois.

En se rendant enfin accessible sur plusieurs dizaines de marchés subsahariens, Afrostream vient rendre encore plus concurrentiel le segment de la SVOD en Afrique subsaharienne où opèrent déjà les géants ShowMax et Netflix sans oublier le nouvel entrant NuVu (Ericsson) et le futur arrivant Trace Play. Ces deux derniers ne manquent pas d’ambition et sont adossés à des groupes bien implantés sur les marchés africains et y ont une réputation déjà faite. Il ne faut pas non plus occulter iROKO soutenu entre autres par Vivendi/Canal+ ou tous les autres tels que Miabox en Côte d’Ivoire, ipidi tv (Econet), Video Moja, etc.

Le salut des différents services passera donc par la qualité et la largeur des catalogues proposés, même si les éditeurs des plateformes peuvent aussi compter sur les self bundlers (les consommateurs abonnés à au moins deux services SVOD). Le salut passera aussi et surtout par le prix (prix de l’abonnement, mais également le coût de la data consommée lors du visionnage). Le facteur prix fait d’ailleurs que la SVOD n’adresse encore en Afrique qu’une petite portion de consommateurs pouvant s’offrir des packages confortables de data mobile (l’internet fixe étant encore marginal). Cependant cette petite portion de consommateurs est appelée à croître avec le développement continu des classes moyennes, mais aussi de l’amélioration de la couverture 3G et LTE (4G). Toutefois, la pénétration de la LTE et de la 3G n’atteindra que 45% à l’horizon 2021 selon Analysys Mason.

 

 

Crédit photo : Twitter/Afrostream

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